Guide des chalets en bois

Le chalet en bois recouvre deux réalités très différentes : l'abri de jardin en madriers empilés, livré en kit, et la construction habitable en ossature bois, qui relève du bâtiment. Confondre les deux est la source de la plupart des déconvenues.
Commencer par l'urbanisme
Le régime dépend de la surface de plancher et de l'emprise au sol. En dessous de 5 m², aucune formalité. De 5 à 20 m², une déclaration préalable. Au-delà de 20 m², le seuil monte à 40 m² en zone couverte par un plan local d'urbanisme pour une extension accolée, , un permis de construire. Et si la surface totale bâtie dépasse 150 m² après travaux, le recours à un architecte devient obligatoire.
Le plan local d'urbanisme impose en outre des reculs par rapport aux limites séparatives, une hauteur maximale, parfois une teinte de bardage ou une pente de toit. Ces règles se lisent en mairie avant de commander : un chalet livré qu'on ne peut pas implanter est un chalet qu'on revend à perte.
Fondations d'une maison
Un chalet léger se pose sur des plots béton, une dalle ou des vis de fondation. Le point critique n'est pas la charge, faible, mais la planéité et le drainage : le bois ne doit jamais être en contact avec le sol ni avec l'eau stagnante. Une surélévation de quelques centimètres, une lame d'air sous le plancher et une bonne évacuation des eaux de toiture allongent la durée de vie du bâtiment plus que n'importe quel traitement.
Sur terrain argileux, les mouvements saisonniers sont réels : les vis de fondation, qui descendent sous la zone de retrait, valent alors les plots.
Montage d'un kit dans l'ordre
Le montage suit toujours la même séquence : préparation du sol et fondations, lambourdage et plancher, empilage des madriers rangée par rangée en vérifiant l'aplomb tous les 3 ou 4 rangs, pose des menuiseries, charpente et couverture, puis finitions.
Deux règles propres au bois massif empilé. La première : les madriers travaillent, le mur se tasse de plusieurs centimètres la première année, d'où les tiges de compression et les jeux prévus au-dessus des menuiseries, qu'il ne faut surtout pas bloquer. La seconde : rien ne se visse en travers de deux madriers, sous peine d'empêcher ce tassement et de fendre le bois.
Habitable ou non : l'isolation tranche
Un madrier de 28 ou 44 millimètres n'isole rien. Pour un usage habitable, il faut soit des madriers de 70 millimètres et plus doublés d'un isolant, soit, plus efficace et moins épais, une ossature bois avec 120 à 145 millimètres d'isolant en murs, davantage en toiture, un pare-vapeur côté intérieur et une lame d'air ventilée derrière le bardage.
La surface se dimensionne à l'usage : 20 à 50 m² pour une ou 2 personnes, 50 à 80 m² pour une famille avec deux chambres, au-delà pour une résidence principale. Mieux vaut un petit volume bien isolé et bien orienté qu'un grand volume difficile à chauffer.
Entretien
Le bardage se protège par une lasure ou un saturateur, à reprendre tous les 3 à 5 ans selon l'exposition, la façade sud-ouest vieillit 2 fois plus vite que la façade nord. Un bois laissé gris n'est pas en danger pour autant : le grisaillement est superficiel et certains l'assument comme finition. Ce qui compte, c'est que l'eau ne stagne nulle part et que les départs de toiture débordent suffisamment.